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29 agosto 2012 3 29 /08 /agosto /2012 09:50

 

 

 

Au fond d'un tiroir j'ai trouvé cette "Lettre de l'indicible" qui doit avoir plus de vingt ans:

   Comment te le dire,je viens de te quitter, j'étais venueavec une idée très precise de tout ce que j'avais à dire, de tous les mots que j'allais prononcer. Je les avais  examinés, tortillés en tous les sens maintes et maintes fois. Et puis devant toi, j'ai été une fois de plus envahie par l'inanité de tout effort. A qoi aurait-il servi que je te dise ce pourquoi j'étais venue?

   Comment te dire que tu es un mort vivant, que en coupant tout lien avec la réalité on s'enterre, qu'il est inutile que les autres te reconnaissent comme le seul sage, le seul maître?

   Comment te dire que l'éloignementpendant la plus grande partie de l'année, la brieveté de mes sejours ont fait que j'ai supporté pendant longtemps l'espèce de pitié mêlée d'attente que tu m'inspirais mais que au fur et à mesure des années l'attente d'abord, la pitié ensuite ont disparu, à l'heure actuelle il ne m'en reste plus rien, si l'espèce d'hésitation tout à l'heure. Ce n'est pas par pitié que je me suis tue mais à cause de l'intime conviction que cela ne servirait à rien, à rien de rien...

   Tu m'as une fois de plus fait l'effet d'un boulet de canon lancé dans une folle trajectoire tracé hors de toute loi. Le réel n'exerce plus sa force de gravité sur toi.

   Ah quoi bon te dire pour quoi depuis longtemps je ne veux plus faire l'amour avec toi! Comment au milieu de tes obsessions pourrais-tu concevoir que tu n'as fait tout au long de cette longue relation que dégrader l'amour?. Comment te dire que tu as fait de chaque rencontre, soi-disant au service de mon plaisir, une longue et opiniâtre scéancede gymnastique dépourvue de poésie et de charme, un corps à corps limpide avec la Mort, jamais de vie, jamais de complicité, jamais de tendresse. Toujours de l'intellect, une obsessionnelle quête d'un impossible plaisir, une négation obsessionnelle de mon existence, j'étais ce que tu avais décidé que j'étais, je n'étais jamais ce que j'étais.

   Comment te dire que ce ne sont pas les autres qui t'y poussent mais toi seul qui te jettes éperdument dans la folie? et à quoi servirait-il que te le dire?

   À chaque fois que j'ai appris un suicide j'ai été incapable de ressentir des regrets, la seule idée qui me viendrait à l'esprit et que je tais par sens des convenances c'est: il est là où il voulait l'imbécile!

    Peut être que c'est la vague impression du dejà accompli qui m'a fait me taire tout à l'heure. Il reste si peu de choses debout de ton château branlant! Et puis comment être sûre que tun'es qu'un poids pour tout le monde et que tu risques uniquement d'être regretté par ta belle mêre et dans un pur sentiment de charité chrétienne?

  Comment te dire que si tu avais tant envie de te tuer tu l'aurais dejà fait 

et que à ce moment là j'aurais eu une pensée plus émue pour toi car ta tombe respirerait moins la mort que toi tout à l'heure avec ton teint verdâtre, tes dents en moins, ton apparence négligée, tes épaules affaissées, ton ton geignard et ta folle diatribe: "si le Peuple ne nous suit pas tant pis pour lui"

   Tant pis pour lui ou pour toi?

 

 

 

 

Peor para el Pueblo

 

En el fondo de un cajón encontré esta "Carta de lo indecible" que tendrá más de veinte años

" ¿Cómo decírtelo?  Acabo de dejarte, vine con una idea muy precisa de todo lo que tenía que decirte, de las palabras que iba a pronunciar. Las había examinado una y otra vez, torcido y retorcido en todos los sentidos. Y luego ante tí, me invadió de nuevo la inanidad del esfuerzo. ¿para que hubiera servido decirte el por qué había venido?

   ¿Cómo decirte que eres un muerto en vida? ¿qué al cortar toda relación con la realidad uno se entierra en vida? ¿que es inútil esperar que los demás te reconozcan como el único sabio, como el Maestro?

    Cómo decirte que el alejamiento durante la mayor parte del año, lo breve de mis estancias hicieron que soportase durante mucho tiempo esa especie de lástima que me inspirabas, mezclada con cierta esperanza , pero al paso de los años la esperanza primero y la lástima luego desaparecieron, en este momento no queda nada, sí, la especie de vacilación de hace un rato.. No es por piedad que me he callado sino por la intima convicción de que no serviría para nada... nada de nada.

   Me hiciste, una vez más, el efecto de una bala de cañón lanzada a toda velocidad en una  loca trayectoria. Lo real no ejerce su fuerza de gravedad sobre tí.

   ¿Para qué decirte porque desde hace años no quiero acostarme contigo? Cómo en medio de tus obsesiones podrías comprender que que a lo largo de esta relación no hiciste más que degradar el amor. Cómo decirte que cada encuentro pretendiendo estar al servicio de mi gozo, era una larga y dura sesión de gimnasia, desprovista de poesía  y de encanto; un puro cuerpo a cuerpo  con la muerte, sin vida, sin complicidad, sin ternura. Pleno de intelecto, una obsesional búsqueda de imposible placer, negación de mi existencia: yo era lo que tú habías decidido que yo era, nunca era yo lo que yo era.

   Cómo decirte que no  son los demás que te arrastran a  la locura sino tú solo que te arrojas perdidamente a ella, y ¿para qué serviría decírtelo?

   Cada vez que sé de un suicidio soy incapaz de sentir, la única expresión que se me ocurre y que me callo por decoro  es ¡ya está en donde deseaba, el imbécil! 

   A  lo mejor  lo que me hizo callar antes es la impresión de lo ya acaecido. ¡Queda de pie tan  poco de tu bamboleante edificio! Y ¿cómo estar segura que no eres más que un peso muerto para todos y que la única que lo sentirá es tu suegra y eso por caridad cristiana ?

   Cómo decirte que si tantas ganas tuvieras de matarte, ya lo habrías hecho y quizás entonces tendría un pensamiento emocionado por ti, pues tu tumba respiraría menos la muerte que tu persona hace un momento, con tu tez verdinosa, tu apariencia descuidada, tus dientes, tus hombros decaídos , tu gimoteo y tu loca diatriba:

   "si el Pueblo no nos sigue peor para él"

   ¿Para él o para ti?

 

 

 

 

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Published by maririu - en mémoires
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Comentarios

mcjaramillo 10/21/2012 22:59

Vaya por dios... ¿Y llegó a suicidarse el susodicho? Seguro que no. Los que se quejan jamás se suicidan.

maririu 12/24/2012 15:21



toda la razón Manela no se suicidó pero murió años después sin haber cambiado


Perdona no me había dado cuenta de no haber contestado tenías tanta razón



catherine 09/23/2012 00:44

No era indiscreción, era curiosidad en cuanto al bilingüismo.

maririu 09/23/2012 16:55



por eso contesté curioso que para decirle cuatro verdades no escogiera su idioma ¿no?



catherine 09/08/2012 01:20

Sí es un texto muy bueno, entre intimidad e autoficción. No lo comentaré más, sino que me pregunto si la versión original era en español o en francés.

maririu 09/22/2012 12:21



la versión original es en francés el hombre original no lo era


 



Maité 08/30/2012 14:38

Excellent texte, vraie écriture romanesque: là tu tiens la plume de l'autofiction en plus de l'anlyse de la vie vidante comme on dit en occitan, bravo et bises,

Maïté

maririu 08/30/2012 15:10



Ah si tu me l'avais dit il y a vingt ans ou avant!


merci 



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